Le château de la Rivière-Bourdet, édifié au XVIIe siècle, est l'un des ensembles patrimoniaux majeurs de Quevillon. Outre le château, le domaine comprenait un vaste parc, un colombier de 1668 et un important domaine agricole. Au XVIIIe siècle, les écrits historiques le qualifient parfois de « Versailles normand ».
Des origines médiévales
Le château doit son nom à un ancien manoir qui s'élevait au même endroit au XIIIe siècle. Bourdet était le nom de son premier propriétaire, Étienne Bourdet ; Rivière rappelle l'un des fossés, creusé depuis la Seine, qui alimentait les douves de cet ancien château.
Il ne reste aucune trace de cette première demeure, mise à sac en 1572, après la Saint-Barthélemy.
Le château actuel
Le château que l'on voit aujourd'hui fut construit entre 1621 et 1668 par Charles Maignart, seigneur de Bernières.
Voltaire, hôte du château
Au XVIIIe siècle, l'épouse du marquis de Bernières, président du Parlement de Normandie, reçut de nombreuses fois Voltaire à la Rivière-Bourdet. Il y séjourna entre 1722 et 1726, et y écrivit La Henriade et Mariamne.
« Je m'intéresse à la Rivière comme à ma patrie. »
— Voltaire
Balzac à Quevillon
Un autre grand écrivain, Honoré de Balzac, fut reçu au XIXe siècle par l'héritière du château, la duchesse de Fitz-James, et par sa nièce Madame de Castries. Il passa à Quevillon les étés 1834 et 1835.
Les souvenirs de Napoléon
En 1862, le marquis de Montholon — prince d'Umbrieto et Preceto en Italie, descendant du général de l'Empire qui accompagna Napoléon à Sainte-Hélène jusqu'à sa mort — hérita du château. Il y rapporta des objets personnels que l'Empereur lui avait légués : chapeau, tenue et épée d'apparat.
Selon le récit des propriétaires, ces souvenirs restèrent au château jusqu'en 1940 : de passage à Quevillon, le maréchal Göring emporta l'ensemble. Rien ne fut jamais retrouvé.
Un monument sauvé de justesse
Transmis à des héritiers successifs, le château fut inoccupé dès 1909, puis vendu après la Seconde Guerre mondiale. Il fut pillé et saccagé : toutes ses richesses furent vendues aux enchères ou volées. Sans l'alerte donnée aux Monuments historiques, il aurait été vendu pierre par pierre.
En 1966, Monsieur et Madame Ragu Dehaye y créèrent une maison de retraite, sauvant ainsi ce monument qui risquait de disparaître à jamais. Depuis 1995, le château est loué en appartements.
En savoir plus
L'histoire du château est retracée par la famille propriétaire sur son site.

